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La reproduction des crevettes Caridina Japonica Version imprimable

Les crevettes sont généralement paisibles et passent leur temps à parcourir le sol en quête de nourriture. Cependant, il peut arriver qu’elles nagent frénétiquement autour du décor se heurtant aux plantes et aux pierres.

Si le mâle a un tel comportement, c’est qu’une femelle a libéré ses phéromones; fameuses hormones qui déclenchent l’excitation des mâles. Elle est prête à s’accoupler! Tous les mâles de l’aquarium se précipitent autour de cette femelle et se disputent pour pouvoir la féconder.

Il n’est pas rare de voir une femelle avec trois ou quatre mâles sur elle. Néanmoins, un seul gagnera les bonnes grâces de cette dernière et aura alors le droit de la féconder.

Lorsque l’accouplement a lieu, le mâle se glisse sous sa partenaire le temps de déposer sa semence à l’intérieur de l’abdomen de celle-ci. Des œufs vont alors pouvoir se développer, puis éclore, toujours à l’intérieur de la cavité abdominale, pour donner le jour à de petites larves. Après environ cinq semaines, notre crevette pondra des mini-crevettes.

Jusque-là, rien de bien difficile à réaliser. Là où cela se complique, c’est que dans la nature, les larves naissent dans l’eau douce des rivières, puis, emportées par le courant, elles migrent jusqu’à l’embouchure des fleuves où elles sont entraînées et baignent dans les eaux saumâtres pendant plusieurs semaines. Après quoi, elles remontent le courant du fleuve et retrouvent des eaux douces.

Il faut être très attentif à ce qui se passe dans l’aquarium à la naissance, car les larves sont très petites; elles ne mesurent que 1 à 2 mm. De plus, les pontes ont en général lieu de nuit; ce qui n’arrange rien! Les larves, appelées Zoés de Caridina japonica, ne survivent qu’une semaine en eau douce. Elles ont absolument besoin d’eau salée pour se développer.

C’est une sorte de course contre la montre pour leur survie et vous l’aurez compris, il n’y a pas d’autre solution. Elles doivent être élevées dans un bac spécifique, spécialement préparé à leur intention.

Pour l’aquariophile, ici réside le problème majeur qu’il faut résoudre. Cela implique un second bac dans lequel on mettra les larves (pas si facile à capturer qu’on le pense!), et ainsi l’on pourra tendre à reproduire les mêmes conditions que dans la nature, c’est-à-dire saler l’eau puis la dessaler en respectant au mieux le cycle naturel du voyage des Zoés de Caridina japonica.

Bonne chance aux personnes désireuses de tenter cette expérience difficile, mais passionnante à n’en pas douter.

Cardinajaponicament vôtre, Nathalie THIERRIN

 
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