LE MOT DU PRESIDENT Bonjour à tous, Ce mois-ci Jean-Claude GLUCK est à l’honneur! En effet, c’est lui qui nous présentera la conférence mensuelle et nous parlera des reptiles européens. Il maîtrise le sujet à merveille! Tout au long de l’année nous nous efforçons de trouver des activités et des conférenciers pour animer nos réunions, élargir nos connaissances et nous entretenir sur des sujets qui nous passionnent. Ce mois-ci, mon souhait le plus cher, pour cette dernière conférence avant l’été, serait que : tel un fantastique bouquet final, nous tenions la gageure de venir les plus nombreux possible le jeudi 9 juin 2005! Amicalement, Roger WIRZ COMMUNICATION DU COMITÉ Bien chers membres, Le vendredi 13 mai 2005, les membres du comité se sont réunis dans un restaurant bien sympathique de la ville de Carouge. Le but de cette rencontre était de renforcer nos liens, de parler clairement de notre vision du club et des sujets préoccupants afin d’être, et surtout de rester au diapason pour que l’ATCGV aille toujours de l’avant dans les meilleures conditions possibles. Au sortir de cette séance il était évident que notre maxime des années passées restait de bon aloi et que c’était le meilleur moyen d’atteindre notre but. MAIN DANS LA MAIN, NOUS IRONS PLUS LOIN ! Votre Vice-président, Jacques BINGGELI EDITORIAL Chers amis, L’été nous amène à nouveau les vacances et les longs week-ends qui nous permettent de dépasser nos passions aquario-terrariophiles. Que ce soit en eau douce, en eau de mer ou sur la terre ferme, nous aurons le temps de plonger au coeur du sujet, d’observer la flore et la faune directement dans la nature. Vous pourrez partir à la recherche des Tétraodons dont nous parle Nathalie en pages 6-8 ou des sujets traités dans notre nouvelle rubrique ’Sous la loupe’ du célèbre Professeur L Cœlacanthus (voir ci-dessous), ou bien encore partir à la découverte de tout autre sujet selon votre bon plaisir. Dans tous les cas, même si vous restez chez-vous, je ne faillirai aucunement à mes habitudes. Je vous renvoie à vos carnets et à vos stylos pour des devoirs de vacances! Et bien oui, comme toujours, nous serions très heureux que vous nous fassiez partager vos observations de terrain. Prenez quelques notes, pensez à nous préparer un petit article ou une petite conférence... Et pourquoi ne peindriez-vous ou ne dessineriez-vous pas pour illustrer le récit de vos aventures lors d’une ‘Table Ronde’ de cet automne?!
Enfin, je vous laisse le pensum !
Passez d’excellentes vacances et rendez-vous au mois de septembre pour le prochain numéro de notre journal. Votre rédactrice, Violette DISERENS BINGGELI Prochain délai rédactionnel : 10 août 2005 FEUILLETON ‘AQUA RÉALITÉ’ LES MALHEURS D’UN TETRAODON Aujourd’hui, je vais délaisser un peu le bac Amazone pour vous parler des malheurs, non pas de Sophie, mais du Tétraodon nigroviridis aveugle que nous avons recueilli!  Celui-ci était donc bien installé dans l’aquarium d’Elodie avec pour compagnon, des Guppys. Tout ce passait très bien, il mangeait avec appétit et son ventre bien maigrichon lorsque il était arrivé avait repris une belle forme bombée! Puis nous nous sommes séparés des Guppys et avons pensé qu’il serait sympa de lui adjoindre des compagnons de son espèce. C’est ainsi que nous avons mandaté Jacques pour nous en trouver. Ce qui fut fait! Nous voici donc devant l’aquarium d’Elodie avec cinq Tétraodons. Après un moment d’acclimatation les voici lâchés dans leur nouvelle demeure. Quel bonheur de les voir tous les six ensemble, faisant vibrer leurs petites nageoires à une vitesse folle! Chacun est parti de son côté, faire connaissance avec son nouvel environnement. Tout se déroulait à merveille jusqu’au jour fatidique où je découvre avec horreur que les nouveaux petits pensionnaires avaient des tendances au ’’cannibalisme’’!!! En effet, ces chenapans avaient tout simplement commencé à ronger les nageoires dorsales et ventrales de notre Tétraodon aveugle! Ayant constaté l’ampleur des dégâts, je l’ai immédiatement mis à l’écart dans un petit aquarium hôpital. J’ai ajouté quelques gouttes de ‘Esha 2000’ car j’avais remarqué des traces sanguinolentes à la base de la nageoire dorsale ou du moins ce qui lui en restait. J’ai pensé que cela éviterait un éventuelle infection. J’ai donc traité le petit bac pendant trois jours, puis j’ai encore attendu trois autres jours avant de faire un bon changement d’eau. Depuis, notre Tétraodon nigroviridis se remet gentiment de ses émotions. Le pauvre, après avoir connu la famine, voilà qu’il se faisait agresser par ses propres congénères!!! Ses nageoires commencent à repousser, mais je n’ai pas encore eu le courage de le remettre avec les autres. J’ai un peu peur que cela recommence et je pense qu’il mérite de couler ces vieux jours paisiblement et non de servir de ‘casse-croûte’ pour la route! … Ah, je vous jure, quelle vie de chien! Eumh … pardon, quelle vie de poisson!!! Nigroviridissement vôtre, Votre Narratrice; Nathalie THIERRIN ACTIVITÉS DU MOIS ECOULE Elles furent multiples, amicales et enrichissantes. Nous nous sommes attardé sur des points techniques, avons fait le suivi des aquariums de nos locaux, tenu table ronde et autres réunions. L’une de ces dernières (l’assemblée ARCAT) a entraîné quelques uns de nos membres à visiter le Centre de Récupération des Tortues de Chavornay dont s’occupent remarquablement Jean-Marc DUCOTTRED et son équipe. Tous sont bénévoles. Voici en quelques lignes en quoi consiste ce centre: POURQUOI UN CENTRE DE RÉCUPÉRATION POUR LES TRACHEMYS SCRIPTA ELEGANS ? Le commerce de milliers de petites tortues de Floride dites à tempes rouges (Trachemys scripta elegans) en Suisse pose certains problèmes d'ordre légal, écologique et éthique: - La longévité de ces animaux dépasse souvent largement la durée de l'intérêt que leur portent leurs acquéreurs.
- Les conditions de détention favorables évoluent avec la croissance de l'animal.
- Les trop fréquents lâchés d'espèces exotiques dans le milieu naturel sont néfastes pour I'environnement et sont interdits.
- Le détenteur qui souhaite s’en débarrasser désire la plupart du temps leur assurer un bien-être à long terme.
- Les institutions fréquemment sollicitées pour leur reprise (vivariums, zoos, refuges SPA, etc.) ne sont pas équipées pour leur détention en grand nombre. Elles cherchent donc à replacer les tortues qu'elles ont préalablement acceptées.
Il était devenu nécessaire, pour ne pas dire urgent, de créer une structure d'accueil pour les tortues exotiques afin d'éviter les lâchers dans la nature, de leur assurer de bonnes conditions de vie et autant que possible de les replacer chez d’autres amateurs. Petites tortues deviendront grandes Il faut savoir que les tortues à tempes rouges (Trachemys scripta elegans) sont exportées par millions dans le monde entier et qu’elles proviennent d'élevages plus ou moins réglementés, en Louisiane (USA). Elles sont réfrigérées après l'éclosion, puis, entassées dans des caisses en polystyrène dans lesquelles elles attendent plusieurs jours, voir plusieurs semaines, la date de leur départ. Ce dernier varie en fonction des demandes du marché! Environ 90% des tortues meurent dans les premières semaines de leur existence à cause de mauvais traitements, de soins et de nourritures inadaptés. En Suisse, des dizaines de milliers de ces petits chéloniens ont été importés ces dernières années, sans compter les milliers d’autres ramenés en fraude comme souvenir de vacances. La taille maximum d'une Trachemys est de 30cm pour un poids de 2,5 kilos. En 5-6 ans une tortue maintenue dans de bonnes conditions atteindra la taille respectable de 20 à 25cm pour un poids d'environ 2 kilos. Le problème... Ces dernières années, les lâchers clandestins, strictement interdits par la loi, se sont multipliés en Suisse et ailleurs... On s’est rendu compte que leurs incidences sur le milieu naturel sont loin d'être négligeables. Nombreuses sont les observations de ces tortues dans la nature. On en trouve dans le Lac Léman, de Neuchâtel, de Lugano (où l'on signale aussi des Chelydra serpentina), dans différents étangs, rivières et plans d'eau de plaisance. Agir, mais comment N’achetez plus de tortues à tempes rouges, parlez-en autour de vous. Plus de demandes = plus d’importations! Comme ces tortues proviennent d’élevages, il n’est pas possible de fermer les frontières. Si l’on ne peut interdire l’importation, on pourrait au moins la réglementer! En vendant des tortues de 10cm de diamètre au minimum, les 99% du problème seraient résolus. Seul un terrariophile responsable achèterait une tortue de taille déjà respectable. Encore faudrait-il être entendu par le vétérinaire fédéral… Concernant l’euthanasie, l’ordonnance sur la protection des animaux interdit de tuer des animaux sans raisons particulières. Ne les jetez plus! Pour conclure, je dirais que la tortue à tempes rouges mérite un meilleur sort. Ce sont des animaux splendides avec de magnifiques couleurs et leur observation en aquaterrarium ou en étang est très enrichissante. NE LES MÉPRISONS PAS! Les buts du centre Prise en charge des tortues devenues indésirables pour leurs détenteurs afin d’éviter les lâchers dans la nature. Garde et maintenance afin d’assurer leur bien-être. Placement dans de bonnes conditions chez de nouveaux détenteurs. Information sur les bonnes conditions nécessaires à la maintenance de ces animaux plus délicats qu’il ne paraissent. Selon un prospectus de RPT, votre chroniqueuse, Nanacara ANOMALA SOUS LA LOUPE CRASPEDACUSTA SOWERBYI Mais qui se cache derrière ce joli nom ? Une méduse d’eau douce dont l’aire de répartition inclue la Suisse! Ces petites méduses de 2 cm font partie des hydrozoaires qui sont une classe de l’embranchement des coelentérés ou cnidaires. Les anémones de mer et les coraux en font aussi partie. Les Craspedacusta sowerbyi sont la phase sexuée d’une espèce d’hydre qui ne dépasse pas 1 cm. Pour se reproduire de manière sexuée, ces hydres ont besoin de conditions climatiques tout à fait spécifiques. En effet, la température de l’eau doit dépasser 26o pendant plusieurs semaines. Dans nos régions tempérées, les méduses n’apparaissent donc que très rarement. Les hydres affectionnent les eaux peu profondes des carrières inondées, des lacs ou des zones très calmes de rivière. Lors de leur reproduction asexuée, la plus courante, de petits bourgeons appelés ‘frustules mobiles’ se détachent du corps de l’hydre qui ne mesure qu’1 mm et que l’on nomme ‘polype’. Les frustules deviennent à leur tour des polypes qui se fixeront sur le podocyste de leur colonie d’origine ou bien en démarreront une nouvelle en s’ancrant par un nouveau podocyste (quart en bas à droite du schéma). Au stade de polype l’espèce est très répandue mais difficilement visible du fait de sa taille minuscule. Leur reproduction sexuée est bien entendu plus complexe. Lorsque la météorologie est favorable, comme indiqué au premier paragraphe, les polypes ne libèrent plus des bourgeons mais des méduses. La phase méduse de l’hydre libère des œufs et des spermatozoïdes. Les œufs fécondés se développeront simplement dans l’eau. L’embryon se développe ensuite en une petite larve appelée ‘planula’. Cette dernière reste dans le plancton pendant quelque temps puis se fixe sur un support solide pour se transformer en polype. Les polypes grandissent et se reproduisent asexuellement pour former une colonie qui peut atteindre plus d’un mètre. Le ’réchauffement’ de la planète nous permettra sans doute d’en observer plus souvent, comme en 2003 où des milliers de ces petites méduses nageaient dans le canal de la SICEL à Estavayer-le-Lac. Soyez attentif pour ne pas les manquez! Bibliographie: ‘Journal des Grèves’ No 56 Bulletin d’information sur la Grande Cariçaie, ‘Découvrir / Carnets du Muséum’ No 6 Muséum d’histoire naturelle de la ville de Genève. TRITON ALPESTRE Je regrette infiniment de ne pas avoir été présent lors de la visite de Pierre-Alain LERESCHE au mois d’avril dernier pour admirer les tritons alpestres albinos. Ils sont extrêmement rares et tous les spécimens trouvés étaient des mâles. Ils ont le ventre jaune clair et l’on distingue nettement des points jaunes foncés sur leurs flancs. Avec leur manteau jaune vif et leurs yeux rouges ils sont des plus surprenants! Merci, Pierre-Alain, pour ces quelques minutes de film exceptionnelles! LES HIPPOCAMPES Tout aussi passionnant que celui des Tritons alpestres albinos, l’autre film et les explications de notre ami Pierre-Alain LERESCHE sur l’élevage de ses hippocampes nous ravi! En voici le compte rendu: Un aquarium spécifique est indispensable car nos petits chevaux de mer ont besoin de beaucoup de temps pour se nourrir. Si on les associe à d’autres espèces, la concurrence alimentaire est trop forte et ils n’ont pas le temps de manger suffisamment avant la disparition de toute la nourriture. Pierre-Alain possédait un bac de 200 l., avec de la caulerpa, co-alimenté avec un autre bac pour un volume total de 1000 l. d’eau de mer et une pompe de 5000 l/h. Lorsqu’il acheta enfin des hippocampes, qu’il cherchait depuis longtemps, il n’en choisit ni l’espèce ni le sexe. Il les acheta uniquement parce qu’ils se nourrissaient parfaitement bien chez le marchand. C’est primordial! N’achetez jamais des hippocampes si vous ne les avez pas vu bien se nourrir au préalable. Ses hippocampes (les derniers d’un arrivage) , 2 mâles et 4 femelles d’espèce pas clairement définie (sauf que ce ne sont pas des Kuda), s’acclimatèrent très vite et se mirent à frayer. C’était magnifique! Tels des caméléons chaque spécimen changeait rapidement de couleur. Selon l’endroit où ils se trouvaient et selon leur humeur, ils devenaient brun, vert, jaune ou gris. C’était aussi très compliqué car le sexe ratio mâle/femelle n’était pas convenable. L’idéal étant un nombre égal de mâle et de femelle (surtout pour l’observation de leur mode de vie). Un petit surnombre de mâles n’est pas mal non plus pour les périodes d’accouplement. En effet, dans ces cas-là, les femelles prêtes à introduire leurs œufs dans la poche incubatrice d’un mâle n’ont que l’embarras du choix. Au contraire, lorsque les femelles sont en surnombre, elles sont constamment bousculées par les mâles prêts à recevoir le précieux trésor. Les œufs, perles d’ambre flamboyant s’accrochent dans les caulerpas et sur les hippocampes ou voltigent dans le courant avant de tomber sur le fond: ils sont perdus. Après 25 à 28 jours d’incubation le mâle éjecte les jeunes de sa poche marsupiale. C’est magnifique et très émouvant. Déjà entièrement formées, ces petites virgules n’ont que 12 mm de long. Leur première tâche est de se propulser à la surface et de prendre une bulle d’air pour gonfler leur vessie natatoire. Elles peuvent alors flotter et nager. C’est alors que commence le challenge, la partie la plus difficile mais aussi la plus fascinante de l’opération: l’élevage des jeunes. En aquariophile chevronné, Pierre-Alain était prêt. Le bac ‘nurserie’ tournait bien, l’élevage en chaîne d’artémias salina aussi. L’élevage en chaîne est indispensable car les jeunes hippocampes ne mangent que des nauplies de quelques heures et parce qu’une saturation de nourriture dans le bac est indispensable. Ils doivent littéralement baigner dans la nourriture vivante pour s’alimenter en suffisance. Comme tous les alevins il faut aussi leur donner à manger à de nombreuses reprises dans une journée. Alors, attention à la pollution! A chaque nourrissage, Pierre-Alain ôtait le surplus de nourriture lorsque les alevins étaient rassasiés et une fois par jour, il nettoyait consciencieusement la nurserie. Il expliqua aussi qu’il était très important de varier la nourriture dès la première semaine écoulée afin qu’ils acceptent de manger de tout. Au début, il est intéressant de mélanger les différentes nourritures, toujours pour les habituer. La taille des ‘proies’ (produits congelés, secs ou animalcules vivantes comme les vers grindals, les enchitrés, les cyclopes et les daphnies) suivront le développement des jeunes. S’ils n’ont pas pris l’habitude de manger une nourriture variée, il leur sera impossible de faire la transition avec des proies plus grandes et donc plus nourrissantes. Ils risquent donc de mourir de faim bien qu’ils aient déjà atteint une taille respectable de 4 cm par exemple. Les Hippocampes peuvent se reproduire dès l’âge de 8 mois. Ils ont une courte durée de vie et n’aiment pas les eaux trop chaudes. Il est bon de les nourrir deux fois par jour et de bien varier leur nourriture. Ils ont une queue préhensile et des yeux particulièrement mobiles comme ceux des caméléons. Ils ont leurs habitudes, leurs territoires, le soir chacun retrouve sa place auprès de son partenaire. Ils seront mis en valeur dans une cuve plutôt en hauteur agrémentée des caulerpas et de quelques petites crevettes méditerranéennes. Vous disposerez ainsi d’un tableau vivant de toute beauté et serez subjugués par la satisfaction de votre réussite, par l’observation de la vie de ces étranges poissons. Votre guide, Professeur L Cœlacanthus Bibliographie : Je ne peux que vous recommander le livre de Rudie H. Kuiter, à gauche, concernant les syngnathiformes dont font partie les Hippocampes, tout comme les fantasmagoriques dragons de mer et autres poissons aiguilles. ISBN 2-84138-123-4 Sur Internet vous trouverez aussi de nombreux sites passionnants. DATES À RETENIR VOYAGE ARCAT 2005 A BLOIS Du vendredi 16 septembre au lundi 19 septembre inclus. Coût en frs, Inclus Car - hôtel - petit déjeuner : 380.00 jusqu’à 25 personnes 350.00 si plus de monde Les détails du voyage se trouvent sur la feuille A4 annexée à ce numéro de notre bulletin. Inscrivez-vous Vite ! Votre Informateur, Jean LAFARFOUILLE
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